On y était... Kendrick Lamar

/ dimanche 3 février 2013 /

Du nom qu'on entendait murmurer tout bas comme un Messie au statut de star internationale en quelques mois c'est un véritable conte de fée qui se réalise pour le jeune prince de Compton, Kendrick Lamar.


A l'occasion de son passage à Berlin, ton blog préféré s'est précipité pour avoir l'occasion de comprendre le phénomène Lamar. Programmé au départ pour la modeste salle Huxleys Neue Welt dans le quartier de Neukölln, le concert fût déplacé (à raison) dans la légendaire Columbiahalle qui accueilli de grands noms récemment comme Florence & The Machine ou encore les Justice. 


Arriver 1 heure en avance histoire de pouvoir bien se placer n'était pas de trop. En effet les berlinois ont répondu présent à l'appel des basses et bien avant l'ouverture des portes une foule compacte s'amasse devant les portes s'échangeant tour à tour des cônes à faire pâlir Snoop Dogg et bières plus grosses que la Heineken qui traine dans ton frigo. 
Pour chauffer la salle se remplissant des DJ s'enchainent en mixant de la Trap bien sale et balançant des   classiques du Hip Hop US. Lorsqu'un remix bien senti de California Love retentit, les murs tremblent et on ne se sent définitivement plus à Berlin. 

Avec près d'une heure de retard le petit prince se fait languir, la salle pleine à craquer s'impatiente et les premiers chahuteurs se font déjà sortir par des gorilles qui n'ont vraiment pas l'air d'aimer les Haribo.
Et puis d'un coup les lumières s'éteignent, une clameur s'élève et tel une tornade le good kid débarque sur la scène...
Le bus Kendrick Lamar nous aura roulé dessus pendant 90 minutes top chrono. Analyse.


Commençant avec des titres de sa première mixtape, Kendrick semble détendu, serein. Il déblatère sa prose avec une insolente facilité et le public est transporté dès les premières phrases. 



Après avoir harangué la foule comme tout rappeur se doit de le faire, Kendrick s'arrête brutalement, le regard captivé par quelque chose au premier rang. Il fait taire la basse et s'approche. Il a repéré Alicia et ne la lâchera pas pendant tout le show, faisant le lien entre le public, le sens de ses chansons et cette jeune ingénue fictivement sacrifiée sur l'autel du show. Lorsque Kendrick s'adresse au public il s'accroupit presque à chaque fois comme pour dire: je suis comme vous. Contrairement à un grand nombre de ses confrères, il n'est pas du tout bling-bling, habillé simplement de noir de la tête aux pieds. Le kid est réfléchi est posé. On remarque aussi cela lorsque des bouteilles d'eau sont distribués aux premiers rangs. Alors que la plupart auraient machinalement jeté les bouteilles dans le public Kendrick accorde une attention toute particulière à donner la bouteille en main propre. Un hasard? Peu probable.


Money Trees lève le voile sur le nouvel album après un rapide passage sur son récent featuring sur l'album d'A$AP Rocky, Fuckin' Problem. Son refrain percutant et cette ligne qui te marque au fer rouge:

"The one in front of the gun lives forever"

Lorsque Backstreet Freestyle commence la foule est bouillante et le sol de la Columbiahalle se met à trembler. Pour vous donner une idée, vous pouvez regarder le live qui eut lieu quelques jours plus tôt au Bataclan à Paris:




La foule est en délire et on récite en choeur tous les titres de son album. Mais comment interpréter cet artiste? Il diffère en soi tellement des autres rappeurs; son air espiègle, sa masculinité et fierté qui ne tombe jamais dans le mauvais goût du machisme. Kendrick est bon car il est naturel. Il perce car il n'essaye pas, il le fait. Tout simplement. Son album se pose ici même, là où la simplicité règne. Il te rassure, touche à tes émotions et t'implique dans le tourbillon de sa vie (de la vie?) en se racontant.

Même si on est pas vraiment dupe et que tout doit être calculé au mot près, lorsque Kendrick déclare en guise d'adieu:

"No matter how big this gets for me, I'm always going to come to you"


Le good kid de Compton nous donne envie de croire en lui. Et au final c'est vraiment ça le principal.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire

Le son du moment

Tu trouveras pas Justin Bieber, mais surement ton bonheur.

 
Copyright © 2010 French Aloud, All rights reserved
Design by DZignine. Powered by Blogger