Mercr'Indie #31

/ mercredi 18 avril 2012 /


O2Zen, c’est deux rappeurs bordelais. Al et Jaco ont quasiment la même gueule de petits franchouillards. Des dégaines d’ouvriers, de conducteurs de camions en puissance (voire de chauffeurs de Taxi), des mecs de tous les jours qui pratiquent un rap incisif et juste. Depuis 2008 et leur album Sans.chantilly, ils s’évertuent à trouver les mots pour décrire leurs sentiments, pratiquant un rap quasi autobiographique, à la manière d’un MC Solaar des débuts.
Après s’être renommés Odezenne, sans doute pour perdre de la streetcred qu’apportent les chiffres dans un crew, le duo sort OVNI en 2011.
L’album est corrosif, puissant, desservi par des beats postmodernes, aussi précis que ceux de Dan the Automator pour Deltron 3030. Basés sur des films de Disney (« Nasty »), de bruitages de films des années ’30, les mélodies sont lancinantes, toujours séduisantes. Le résultat est un rap hors du temps (« Le rap n’est pas mort, j’en suis même convaincu, je l’ai vu se balader avec un vocoder dans le cul »), se permettant de revisiter Radio Gaga. On finit par avoir peur. Les beats atmosphériques se heurtent sans cesse aux mots durs des bordelais (« Meredith »), qui racontent les histoires tristes d’une génération désillusionnée mais lucide. 

Sans jamais parler de politique, le groupe montre une vision du monde complète et sans fard. Quand ils ne dressent pas un constat dur sur la France, Odezenne joue avec les mots, les phrases et les convenances (Méli-Mélo). 
Toute la violence du rap français actuel paraît moins glauque que les mots choisis, jamais insultants, toujours vrais du duo. Revendiquant leur amour pour Cioran, leur manière de manier les mots rappelle celle d’un MC Solaar, moins le flow chantant du bonhomme. Alors avant d’aller sauter partout en écoutant un neu-neu cinq, on va s’acheter l’album OVNI autoproduit, parce que l’ « Industrie du disque, ça reste l’industrie ».
Odezenne, c’est Cioran et MC Solaar qui taffent ensemble. Carpates RPZ
Mais Odezenne, c’est avant tout deux mecs qui aiment la langue française. Pour preuve cet egotrip exceptionnel entre Al et Jaco, plus qu’un clash (à la Aketo vs. Tunisiano),. Les punchlines s’enchaînent dans une ode à Baudelaire et à la poésie française. « Je suis Hasselhoff, toi tu figures en bikini. » BRRRAH.

PS : un freestyle avec L’Entourage, Oxmo et Radical MC. Sans gueuler de partout comme les jeunots qui les Entourent, ils démontent la concurrence en costard-cravate. A la Sinatra.  
Poing G.

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